Analyse protéomique dans la maladie à corps de Lewy (MCL) : exploration de la signature biologique et de ses corrélations cliniques
Agathe VRILLON, praticien-hospitalier et chercheur post-doctorante - Centre de Neurologie Cognitive, Hôpital Lariboisière Fernand Widal AP-HP GHU Nord, Paris. Inserm U1144, OpTEN Optimisation thérapeutique en neuropharmacologie, Université Paris Cité, France
La maladie à corps de Lewy (MCL) est une pathologie neurodégénérative fréquente, touchant environ 200 000 à 300 000 patients en France, caractérisée par un déclin cognitif et neuropsychiatrique rapide et une grande hétérogénéité clinique. Le diagnostic repose aujourd’hui sur des critères cliniques et des biomarqueurs de support non spécifiques, en l’absence de biomarqueurs spécifiques validés. La MCL est définie par l’accumulation corticale de corps de Lewy riches en alpha-synucléine, mais présente un chevauchement moléculaire important avec la maladie d’Alzheimer (MA) et d’autres pathologies neurodégénératives. De multiples mécanismes contribuent à sa pathogenèse (dysfonctionnements synaptiques, inflammatoires, cholinergiques, mitochondriaux et vasculaires), renforçant l’hétérogénéité clinique. L’émergence d’outils protéomiques multiplexes, tels que le panel NULISA™ (Nucleic Acid Linked Immuno-Sandwich Assay), permet maintenant de capturer non seulement les proteinopathies caractéristiques (alpha-synucléine, amyloïde, tau), mais aussi des voies physiopathologiques plus larges (synaptiques, vasculaires, inflammatoires). Les premières données disponibles dans des cohortes de patients atteints de MCL suggèrent l’existence de signatures pathologiques spécifiques, mais reposent sur de faibles effectifs et des phénotypages cliniques insuffisants.
Notre projet vise à comparer les profils protéiques dans le liquide cérébrospinal chez 100 patients avec une MCL, 100 patients avec une MA et 50 contrôles neurologiques issus de la cohorte BioCogBank (Centre de Neurologie Cognitive AP-HP, GHU Nord). L’objectif principal sera d’identifier des signatures biologiques spécifiques de la MCL par rapport à la MA. Les objectifs secondaires seront d’explorer l’association des biomarqueurs avec les phénotypes cliniques et d’évaluer leur corrélation avec les anomalies métaboliques observées en tomographie par émission de positons au FDG. L’étude sera menée à l’Inserm U1144, avec analyses sur la plateforme NULISA (Alamar®). Ce projet devrait permettre de mieux caractériser les mécanismes biologiques de la MCL, de proposer de nouveaux biomarqueurs de stratification et, à terme, de renforcer la pertinence translationnelle du diagnostic et de la prise en charge.
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Montant du financement : 45.000€