Amaia ERDOZAIN - Comment l’alcool modifie notre cerveau : un travail effectué sur des cerveaux post-mortem

Prix Jeune Chercheur 2014
Publié le 05/02/2018
  • Dr Amaia Erdozain

Comment l’alcool modifie notre cerveau : un travail effectué sur des cerveaux post-mortem (Prix Fondation Planiol-Lion’s club Tours Jardin de la France)

Jeune chercheuse en neurosciences. Elle a obtenu un doctorat européen de Pharmacologie (Université du Pays Basque) en 2010 pour ses travaux sur les effets de l’alcool sur le cerveau. Elle a étudié, à l’échelle moléculaire, les modifications du cerveau liées à la consommation d’alcool et ses implications sur le fonctionnement cérébral. Elle poursuit actuellement son travail dans le Laboratoire de Physiopathologie des Maladies du Système Nerveux Central de l’Université Pierre et Marie Curie à Paris.

Résumé 

L'alcool produit un effet complexe et multidimensionnel sur la santé au niveau individuel, et les conséquences sociales liées à la consommation d'alcool en termes d'invalidité, de morbidité et de mortalité sont très importantes. De nos jours, il est bien connu que l'éthanol affecte la plupart des systèmes endocriniens et neurochimiques, et produit aussi des altérations au niveau structurel. Dans le cerveau, la consommation excessive d'alcool peut entraîner une réduction du poids du cerveau liée à une atrophie régionale.

Nos travaux de recherche ont identifié des altérations structurelles et moléculaires dans le cerveau humain, causés par la consommation chronique et excessive d'alcool. Plus précisément, notre étude a porté sur le cortex préfrontal, région du cerveau la plus avancée dans l'évolution et qui contrôle les fonctions exécutives telles que les stratégies de planification, la mémoire de travail ou l'attention sélective. Dans cette étude nous avons analysé des cerveaux post-mortem de 20 personnes diagnostiquées de dépendance à l'alcool, comparé au cerveau de 20 sujets contrôles. Nous avons identifié des altérations dans le cytosquelette des neurones des patients alcooliques; à savoir, une importante réduction dans les protéines nommées tubulines (α et β) et spectrine (β II). Ces changements dans la structure neuronale induits par l'éthanol pourraient affecter l'organisation et la fonction du réseau de neurones, et pourraient expliquer en grande partie les troubles comportementaux, cognitifs et d'apprentissage présents dans les situations d'alcoolisme.

Laboratoire où a été réalisé le travail : Laboratoire de Neuropsychopharmacologie, Université du Pays Basque (UPV/EHU), Espagne

Les Prix Jeune Chercheur 2014 de la Fondation sera remis à l'occasion de la 17 ème semaine du cerveau à Tours

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