René Planiol

Publié le 08/02/2018

René Jacques PLANIOL, Ingénieur et chercheur

Né à Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine) le 15 août 1900 ; décédé à Tours (Indre-et-Loire) le 5 octobre 1979.

René Planiol est le fils de Marcel Fernand Planiol, célèbre professeur à la faculté de droit de Paris, et de Madeleine Jeanne Claudel. Ils ont cinq enfants : une fille et quatre garçons. René le cadet est ingénieur de l’école supérieure d’électricité (il fera partie de la première promotion de radioélectricité). Deux de ses frères ainés sont au front pendant la Grande Guerre : Jean termine comme pilote d’avion, mais perd la vie au cours d’une mission en juin 1918 ; André, fantassin de la première heure, est grièvement blessé en 1915 ; il continue la guerre dans l’artillerie, où il met au point la technique de détection au son de l’artillerie ennemie ; il est nommé officier en 1917.

Au printemps 1920, René entre comme chercheur débutant dans le laboratoire de Gustave Auguste Ferrié, à la Radiotélégraphie militaire. Grâce à ce dernier, il sera rapidement admis comme chercheur au laboratoire de physique de l’École normale supérieure de Paris, et il devient un des collaborateurs et le confident du directeur, le professeur Henri Abraham (Paris 1868-Auschwitz 1943). En parallèle, il passe une licence de mathématiques à la Sorbonne.

René Planiol était un excellent chercheur et un « technicien » remarquable. Il abordera des domaines variés de la physique appliquée. On peut citer :

  • La mise au point de techniques de télégraphie sans fil aussi bien pour l’émission que pour  la réception de signaux électromagnétiques. Il participe à la réalisation d’un ensemble destiné à l’enregistrement mécanique des grands émetteurs américains (magnéto-oscillographe écrivant le message sur une bande de papier (Abraham et Planiol, 1922).
  • La mesure de temps, en participant à l’utilisation des premiers multivibrateurs à tube électronique (lampe triode TM, « télégraphie militaire »).
  • Les études sur la production d’ions et de luminescence à partir de jets moléculaires ou de jets atomiques dans le vide (Planiol, 1935 et 1936).
  • Le perfectionnement des compresseurs pour moteurs d’avion. En 1941, il dépose un brevet, aux USA, avec son frère André Planiol. Ce dernier avait fondé la société Turbomeca en 1938, à Paris, avec le physicien polonais Joseph Szydlowski.
  • Le développement de techniques pour la fusion de particules solides dans un flux gazeux, ainsi que pour leur pulvérisation par centrifugation sous vide (brevets 1958 et 1978). Le rotor expérimental de René Planiol est exposé au Musée des Arts et Métiers à Paris.  Ces travaux de sidérurgie, dont le but était la réduction du minerai de fer par l’hydrogène, avaient débuté dans les années 1920 (collaboration avec le Brésil). Ils ont été relancés en 1943 par René Planiol et un groupe de réfugiés à New-York, dont Pierre Auger et Francis Perrin, et poursuivis en Touraine par René Planiol jusqu’à son décès. Plusieurs contrats successifs ont été signés avec la SFAC (Société des Forges et Aciéries du Creusot, devenue Framatome). Malheureusement, les sidérurgistes n’ont jamais vraiment adhéré à cette technique.

Parmi les nombreux amis de René Planiol, il faut citer le célèbre aviateur et romancier Antoine de Saint-Exupéry, avec lequel il aura des discussions techniques et philosophiques.

Durant ses séjours aux USA, René Planiol a l’occasion de rencontrer les grands physiciens et théoriciens comme Albert Einstein et Robert Oppenheimer (« père » de la bombe atomique) à l’Université de Princeton, New Jersey. Pendant la guerre, il reste aux Etats-Unis où ses compétences concernant les accélérateurs de particules lui valent de nombreux contacts avec Georges Placzek, et une amitié qui se prolongera bien après la fin de la guerre. Il fait partie du Bureau scientifique de la Délégation de la France libre mis en place par Louis Rapkine, arrivé à New York avec Henri Laugier (ex-directeur du CNRS) le 26 août 1940. Ils recruteront trente-cinq scientifiques éminents de janvier 1942 à janvier 1943 avec l’aide financière et logistique de la fondation Rockefeller. René Planiol devient également un des enseignants de l’ « École Libre des Hautes Études, ELHE», école crée à New-York le 11 novembre 1941 et inaugurée le 14 février 1942 (Président  fondateur: Henri Focillon, Président de la section Sciences : Jean Perrin (prix Nobel de Physique 1926) puis Jacques  Hadamard). L’ELHE a un double but : regrouper (et faire reconnaître) les élites en exil (19 membres du bureau scientifique font partie de l'ELHE) et donner une solide formation à de jeunes exilés dans la tradition de l’Ecole pratique des hautes études.

En octobre 1947, à Paris, René Planiol fait la connaissance de Thérèse Dupeyron, alors interne dans le service de pédiatrie du professeur Robert Debré aux Enfants-Malades à Paris. Ils se marient à New-York en 1948. René aidera ensuite Thérèse à mettre au point un dispositif mécanique de gamma-encéphalographie.

En 1951, René et Thérèse Planiol acquièrent le château de Saint-Senoch à Varennes (Indre et Loire). A sa retraite, René Planiol y poursuivra ses recherches sur la pulvérisation centrifuge de matériaux sous vide. Pour la bibliothèque du château occupant une vaste paroi, il réalisera un étonnant ascenseur pouvant se déplacer verticalement et horizontalement. 

En 1968, lors de la célébration du centenaire d’Henri Abraham à l’École normale supérieure, Louis Néel (prix Nobel de physique) dira de René Planiol :

"Planiol était probablement le seul chercheur à ne pas provenir de l’École, ce qui semblait tout à fait insolite.  C’était un expérimentateur né avec un amour décidé pour les beaux montages, appuyés sur les progrès des techniques.  Ses réalisations étonnaient toujours… Planiol fut certainement un des premiers à mettre en œuvre la conception actuelle de la recherche, sous la forme d’une industrialisation des dispositifs expérimentaux … . Peu avant la guerre, il avait remarquablement aménagé le grand hall du nouveau laboratoire de physique, en vue d’y poursuivre ses recherches sur les sources d’ions positifs."

Article rédigé par Léandre Pourcelot 

Programmateur électromécanique inventé et construit par René Planiol

René Planiol, ingénieur, physicien, mathématicien. C'est grâce à son aide, pour la conception et la réalisation des appareils nécessaires, qu'ont pu être effectués les premiers travaux de Thérèse Planiol sur la détection des tumeurs cérébrales par radioisotopes.

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