Commotion cérébrale dans le rugby. Etude pilote de la récupération neuronale en imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle

Soutien de programmes de recherche 2021
Publié le 06/01/2022

Responsable du programme 

M. David BRAUGE

CHU de Toulouse / Toulouse Neuroimaging Centre (TONIC – UMR1214 INSERM/UPS), Toulouse, France

Résumé

La commotion cérébrale est provoquée par un choc direct ou indirect à la tête ou au cou durant la pratique sportive. Elle est responsable d’un trouble transitoire du fonctionnement du cerveau et est associée à un ensemble de symptômes physiques (nausées, maux de tête, vertiges…), cognitifs (difficultés de mémoire, de concentration…) et émotionnels (tristesse, irritabilité, anxiété…). Il s’agit d’un traumatisme cérébral fréquent. En effet, si l’on extrapole à la France les données des USA, cet accident concernerait environ 68000 athlètes de façon annuelle, uniquement pour les moins de 19 ans.

Dans la littérature scientifique, la commotion cérébrale a été étudiée au moyen de l’imagerie cérébrale et notamment de l’imagerie par résonnance magnétique (IRM). Plusieurs études ont démontré la présence d’altérations de la structure et du fonctionnement du cerveau immédiatement après la commotion cérébrale grâce à l’IRM fonctionnelle, qui est à l’heure actuelle l’examen le plus sensible pour capter ces modifications. A ce jour, ces anomalies ne sont pas observables sur les examens classiques d’imagerie pratiqués en routine clinique.

Pour l’heure, le seul traitement de la commotion cérébrale consiste en une période de repos avec l’arrêt de l’activité sportive suivi de la reprise progressive par paliers de 48 heures. La durée de cette phase est fixée par un médecin expert qui a une bonne connaissance des commotions cérébrales. Se pose alors la question du retour au jeu. Il s’agit d’une question complexe qui pose problème dans le suivi des joueurs en pratique clinique. En effet, le fait que le joueur ne décrive plus aucun symptôme et que ses scores aux tests de mémoire et de concentration soient corrects n’est pas nécessairement associé à la disparition des anomalies au niveau cérébral. En cas de reprise prématurée de l’activité sportive, il peut persister une diminution des performances physiques et intellectuelles du joueur, ce qui augmente ainsi le risque à court terme d’une nouvelle commotion cérébrale et/ou d’une nouvelle blessure. A plus long terme, la répétition des commotions cérébrales aurait un effet cumulatif sur le dysfonctionnement cérébral avec à terme des dommages irréversibles et des répercussions sociales et professionnelles.

Notre étude Rugby.com vise donc une meilleure évaluation et une meilleure compréhension de la récupération après une commotion cérébrale chez les joueurs de rugby. Nous étudierons le lien entre la récupération observée sur le plan clinique (symptômes décrits par le joueur, performances aux tests cognitifs) et la récupération neuronale en IRM fonctionnelle, chez 20 rugbymen commotionnés et 20 sportifs volontaires contrôles. Nous faisons l'hypothèse qu’à l’issue de la phase de repos après la commotion cérébrale, lorsque le joueur ne décrira plus aucun symptôme et que les scores aux tests neuropsychologiques seront corrects, il persistera des anomalies du fonctionnement cérébral comparativement à celui de volontaires sains.

Les retombées de ce projet sont multiples sur le plan scientifique et en clinique courante. Les résultats obtenus dans l’étude Rugby.com permettront d’une part d’améliorer les connaissances de la commotion et de ses effets au niveau cérébral et comportemental. D’autre part, cette étude permettra d’améliorer la prise en charge des joueurs. Les indicateurs objectifs fournis par l’IRM fonctionnelle contribueront à la prise de décision du retour au jeu, ceci dans le but de diminuer les conséquences à court et long terme des commotions cérébrales.

Montant du financement : 25 000  euros 

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